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🔍 Actualités en perspective 🔍

Alors que les fortes chaleurs remettent au premier plan la question du rafraîchissement de l’air, les travaux de Marie Thébaud-Sorger, historienne des techniques et directrice de recherche au CNRS au Centre Alexandre-Koyré, replacent nos débats contemporains dans une histoire longue de la ventilation, de la respiration et du contrôle des atmosphères.

Si des procédés de ventilation existent dans les architectures depuis l’Antiquité, la période moderne voit apparaître de nouveaux dispositifs destinés à mettre l’air en mouvement et à produire une forme de « rafraîchissement ».

Ces inventions répondent notamment à une inquiétude forte : celle de l’air stagnant, jugé particulièrement nocif dans les espaces clos. Cales de navire, hôpitaux, prisons, salles d’assemblée ou théâtres deviennent autant de lieux où l’on imagine pouvoir assainir l’air par la technique.

Mais cette histoire est aussi sociale et politique. Les dispositifs de ventilation accompagnent les ambitions des voyages transatlantiques et la politique coloniale, servant aussi bien la santé des marins que les conditions du transport des personnes réduites en esclavage.

Saviez-vous que l’un des ventilateurs les plus connus du XVIIIe siècle, conçu par le physiologiste Stephen Hales, avait la forme d’une caisse ?

🎥 À voir — Une histoire sociale et matérielle de l’air au siècle des Lumières

Dans cette conférence de 44 minutes, Marie Thébaud-Sorger examine comment l’air, la ventilation et la respiration ont été compris, expérimentés et techniquement organisés au XVIIIe siècle. L’air y apparaît comme un objet technique et politique, au cœur des débats sur l’hygiène, la santé publique et les conditions de vie. https://luma.org/en/arles/video/une-histoire-sociale-et-mat%C3%A9rielle-de-lair-au-si%C3%A8cle-des-lumi%C3%A8res-avec-marie-th%C3%A9baud-sorger

📖 À lire — “Changing Scale to Master Nature: Promoting Small-scale Inventions in Eighteenth-century France and Britain”

Dans cet article publié dans Technology and Culture en 2020, elle analyse l’ancrage social des inventions techniques en France et en Grande-Bretagne. À travers les dispositifs de ventilation, elle montre comment de petites inventions ont nourri de nouvelles attentes sociales, de nouveaux marchés et une nouvelle manière d’imaginer la capacité humaine à maîtriser les forces de la nature.

Ces dispositifs portent déjà en germe une idée très actuelle : contrôler l’air enclos en recréant artificiellement une atmosphère saine, stable et tempérée. Une utopie technique s’y dessine, où l’on passe de techniques pensées pour s’adapter aux aléas extérieurs à la volonté de s’abstraire des conditions climatiques elles-mêmes. https://muse.jhu.edu/article/777603

La possession de Louviers

Pour la troisième séance de la saison 25 des Débats du Centre Alexandre-Koyré, Rafael Mandressi (CNRS, CAK) présente son ouvrage La possession de Louviers : Le Traité des marques des possédés et neuf autres imprimés médico-démonologiques (Jérôme Millon, 2025).

Discutant·e·s :

Nicolas Henckes (EHESS, Cermes 3)

Maurizio Esposito La Rossa (EHESS, CAK)

L’ouvrage

Au milieu du dix-septième siècle, un vent de folie souffle sur le monastère de Louviers. Quatorze au moins des religieuses, des femmes dont le corps a divorcé d’avec la modestie, l’esprit avec la soumission, se livrent à des actes de débauche lors de sabbats nocturnes, prostituant leur corps aux diables, égorgeant des nouveau-nés. Tout ce qu’une imagination en délire peut inventer d’absurdités, d’infamies est confessé.

Les autorités s’emparent des événements, les exorcistes s’informent des noms des démons, des charmes qu’ils ont pu répandre ; les médecins sont convoqués en masse pour expertiser les corps et les âmes, devant émettre un avis fondé sur la réalité de la possession. Les rapports publiés font état des tensions qui traversent alors le champ du savoir médical en France.

Rafael Mandressi rassemble et commente ces textes et les rapports de Pierre Yvelin et des deux médecins rouennais parus entre 1643 et 1644, qui permettent de mettre en lumière les différentes dimensions des articulations entre médecine et « diableries », dont les tensions – doctrinales, politiques, institutionnelles, géographiques – traversent et, à certains égards, structurent, le champ du savoir médical en France dans la première moitié du dix-septième siècle.

 

La Marche. Histoire d’une fascination savante

Pour la deuxième séance de la saison 25 des Débats du Centre Alexandre-Koyré, Andreas Mayer (CNRS, Centre Alexandre-Koyré) présente son ouvrage La Marche. Histoire d’une fascination savante (1770-1914) (Les Belles Lettres, 2025).

Discutant.e.s :
Sophie Panziera (Post-doc EHESS, CAK)
Thierry Pillon (Univ-Paris 1, CETCOPRA)

Nous, êtres humains, marchons. Mais que faisons-nous exactement quand nous marchons ?
La science a mis longtemps à étudier sérieusement cette activité quotidienne pourtant essentielle à l’humain. C’est seulement à partir du XIXe siècle, que le mécanisme de la marche a intrigué scientifiques et médecins.
Dans ce livre captivant, Andreas Mayer raconte l’histoire inédite des recherches sur la démarche menées dans diverses disciplines : la physiologie, la neurologie, l’orthopédie, l’anthropologie ou la psychiatrie. Partant de l’intérêt neuf porté au voyage à pied par les Lumières, il décrit l’essor des savants efforts entrepris pour mesurer et codifier la démarche et analyse leurs ramifications sociales, politiques et esthétiques.
Il articule science, arts et histoire et fait dialoguer les travaux des plus importants représentants de la physiologie du mouvement de l’homme – Wilhelm et Eduard Weber ou Étienne-] ules Marey- avec les théories et observations anthropologiques des écrivains – Rousseau ou Balzac. En retraçant l’histoire protéiforme de ce champ inexploré, l’historien des sciences Andreas Mayer conduit son lecteur d’étonnement en découverte : la compréhension de la locomotion humaine, aussi tardive que passionnée, a eu une influence sans précédent sur tous les domaines culturels et sociaux.

Economic Knowledge in Crisis

Pour la première séance de la saison 25 des Débats du Centre Alexandre-Koyré, Olessia Kirtchik (HDR, chercheuse associée au CERCEC et au CESSP, EHESS, Paris ; membre de l’ANR DIGISOV) a présenté son ouvrage Economic Knowledge in Crisis: Economists and the State in the Late Soviet Union (Palgrave Macmillan, 2025).

Discutant.e.s :
Carole Sigman (CNRS, CERCEC, associée ISP)
Wolf Feuerhahn (CNRS, CAK)

This book sheds new light on the late Soviet conversion to the “market” and capitalism by revisiting the history of Soviet reform economics. Drawing on interviews with economists, archival materials, and published sources, it examines the social and institutional contexts in which economists working within state administration and research institutions could play a crucial public and political role.

It analyses the forms of their participation, the mechanisms through which economic experts were selected and rose to prominence during perestroika and the transition period, and compares the professional trajectories of reformist economists. The book ultimately assesses the scope of their influence in the post-Soviet era and reflects on the transformation of economic expertise in Russi

Visite de la Chapelle de l’Humanité

Maël Foucault (doctorant CAK, EHESS & Université d’Ottawa) a récemment organisé une visite collective de la Chapelle de l’Humanité grâce à l’accord de David Labreure, responsable de la Maison d’Auguste Comte. Cette ouverture exceptionnelle a permis à un groupe composé de doctorant·es et de chercheur·ses statutaires du CAK de découvrir un monument patrimonial étroitement lié à l’histoire du positivisme, généralement fermé au public.

La chapelle est associée à la pensée d’Auguste Comte, qui, dans la dernière phase de son œuvre, élabore le projet d’une « religion de l’Humanité ». Ce projet ne visait pas seulement à formuler une philosophie des sciences, mais également à instituer un ensemble de pratiques symboliques et d’organisations collectives destinées à donner une forme sociale à une vision du monde fondée sur la centralité des sciences et sur une conception historique du progrès humain.

La Chapelle de l’Humanité constitue aujourd’hui l’un des rares lieux où cette dimension institutionnelle et matérielle du positivisme peut encore être observée. L’organisation de l’espace, la présence d’un autel dédié à l’Humanité, ainsi que les références à un calendrier commémoratif structuré autour de figures intellectuelles et scientifiques témoignent des efforts entrepris pour doter la pensée positiviste d’un dispositif rituel et d’une sociabilité organisée.

L’ambition de Comte consistait à proposer un nouvel ordre moral fondé sur l’autorité des sciences et sur une hiérarchie des savoirs organisée selon leur degré de généralité. Le positivisme a profondément marqué certaines traditions scientifiques et politiques au XIXᵉ siècle, notamment en Europe et en Amérique latine.

Pour l’histoire des sciences, ce lieu offre un terrain d’observation particulièrement intéressant pour analyser les relations entre philosophie des sciences, formes institutionnelles et pratiques sociales du savoir au XIXᵉ siècle. Il permet notamment de réfléchir à la manière dont certaines conceptions des savoir ont pu s’articuler à des formes de ritualisation, à des espaces spécifiques et à des dispositifs matériels.

La Chapelle de l’Humanité constitue un exemple particulièrement éclairant de la manière dont certains projets intellectuels du XIXᵉ siècle ont cherché à organiser non seulement la production des savoirs, mais aussi leurs formes de transmission, de commémoration et de mise en scène collective.

Au-delà de son intérêt scientifique, cette visite a également constitué un moment important de rencontre et d’échange au sein du laboratoire. Réunissant doctorant·es et chercheur·ses statutaires dans un cadre extérieur aux activités académiques habituelles, elle a offert l’occasion de prolonger les discussions dans un contexte plus informel. Cette initiative contribue à renforcer la cohésion du laboratoire en créant des espaces d’échanges et de découvertes autour de lieux et d’objets liés aux recherches menées au Centre Alexandre-Koyré.

Entretien avec Andreas Mayer dans le cadre du partenariat Dornsife–EHESS

Le 9 février 2026, dans le cadre du partenariat académique entre l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et l’University of Southern California (USC), la professeure Antonia Szabari (USC) s’est entretenue avec Andreas Mayer, directeur de recherche au CNRS au Centre Alexandre-Koyré, actuellement Visiting Professor 2025–2026 à l’USC Dornsife.

Cette conversation, accueillie par le Max Kade Institute for Austrian-German-Swiss Studies, offre un aperçu stimulant des recherches en cours d’Andreas Mayer, à la croisée de l’histoire des sciences humaines, de la philologie, et de la théorie culturelle.

Freud, Balzac, rêves et philologie

L’entretien explore plusieurs axes majeurs du travail d’Andreas Mayer :

  • Une relecture de Sigmund Freud à partir d’une approche anthropologique et génétique des textes

  • Les circulations internationales de la psychanalyse et les pratiques de traduction

  • Les liens entre littérature, savoirs scientifiques et formes esthétiques chez Honoré de Balzac

  • La question de la marche, des rêves et des expériences sensibles comme objets d’histoire des sciences

Depuis plusieurs années, Andreas Mayer contribue à renouveler l’histoire de la psychanalyse en articulant étude matérielle des textes, analyse des contextes sociaux de production des savoirs et attention aux pratiques concrètes de réception. Son projet actuel propose une histoire comparée des traductions de Freud, afin de comprendre comment ses théories et ses dispositifs thérapeutiques ont été adaptés, transformés et parfois réinventés selon les contextes linguistiques, culturels et politiques.

Parallèlement, il mène un travail d’édition et de traduction en allemand des Études analytiques de Balzac, inscrivant l’écrivain dans une constellation de traditions savantes et intellectuelles multiples, et interrogeant les implications esthétiques et politiques de ces engagements pour notre présent.

Un dialogue transatlantique

L’entretien s’inscrit dans le cadre du partenariat USC Dornsife–EHESS, programme de coopération pluriannuel visant à renforcer les échanges scientifiques entre les deux institutions. Hébergé au Levan Institute for the Humanities, ce partenariat soutient des mobilités doctorales et professorales ainsi que des collaborations en recherche et en enseignement.

La discussion entre Antonia Szabari, spécialiste de la culture européenne moderne et auteure de travaux majeurs sur littérature, sciences et circulation des savoirs et Andreas Mayer met en lumière les convergences méthodologiques entre histoire des sciences, études littéraires et anthropologie des savoirs.

▶ Voir la vidéo

L’entretien est disponible en ligne :
https://www.youtube.com/watch?v=J4NMrmYIdfg

Cette conversation constitue un bel exemple de la visibilité internationale des travaux menés au Centre Alexandre-Koyré et de l’importance des collaborations structurantes entre l’EHESS et ses partenaires internationaux.

 
 
 

Modernization in Eastern Tibet

Pour la quatrième séance de la saison 24 des Débats du Centre Alexandre-KoyréSu Hu (Univ. of Science and Technology Beijing) présente son ouvrage Modernization in Eastern Tibet:  Leviathan the Forager.

Discutante / discutant : 

  • Catherine König-Pralong (EHESS, CAK)
  • Huiyi Wu (CNRS, CAK)

L’ouvrage

Using ethnographic materials and documents from East Tibetan villages, this book addresses the impact of modernization on everyday life and the ways in which it melds with traditional forms of knowledge to create a new Tibetan identity and scientific rationality.

Including cases centred on meteorology, geography, and seismology, the book assesses a wide range of traditional local activities, including foraging, farming, and domestic practices, and argues that and demonstrates how science, technology, and ideas about modernity have all influenced these activities. It highlights that when inconsistencies among different knowledges emerge, modernization can create inconsistent assemblages of modern and traditional practices and reveal the multiplicity of everyday life.

Using these examples of everyday life to portray the complexity of day-to-day existence in Tibet, this book will be of huge interest to students and scholars of Tibet, China, human geography, anthropology, and the sociology of science and technology.

Les réserves des musées

Pour la troisième séance de la saison 24 des Débats du Centre Alexandre-KoyréTiziana N. Beltrame (Université de Padoue) présente l’ouvrage collectif co-dirigé avec Yaël Kreplak  Les réserves des musées – Écologies des collections (Les Presses du réel, 2024).

Discutante / discutant : 

  • Andrée Bergeron (MNHN, CAK)
  • Jessica de Largy Healy (CNRS, LESC)

L’ouvrage

Lieu essentiel du musée où sont conservées les œuvres quand elles ne sont pas exposées, les réserves sont restées longtemps dans l’ombre des salles d’expositions. Or, dans la majorité des institutions, seule une infime portion des collections est présentée au public : il y a donc un réel enjeu à penser la relation entre leurs parts visible et invisible, les problématiques liées à leur stockage et leur mouvement, et le travail qu’elles impliquent.

Car, loin d’être un lieu dormant où reposeraient les objets entre deux expositions, les réserves se transforment depuis une vingtaine d’années. En sortant des sous-sols, en étant gérées par des professionnels dédiés, voire en s’ouvrant au public, elles s’affirment de plus en plus comme des centres de conservation voués à la préservation et à l’étude des collections – comme un autre centre du musée.

À la croisée des études de sciences et techniques, de l’histoire de l’art et des sciences du patrimoine, fondé sur des enquêtes réalisées dans des musées, et mettant en dialogue chercheurs et professionnels, cet ouvrage fait un état de ces évolutions. Il apporte ainsi un éclairage inédit sur le monde de la conservation de l’art et du patrimoine, où l’agencement des rayonnages prend toute son importance et où l’on mesure combien conserver, c’est toujours, aussi, transformer.

Entretien avec Pietro Corsi

Cet article publié dans la revue Histoire de la recherche contemporaine prend la forme d’un entretien avec l’historien des sciences Pietro Corsi, il est intitulé « De Pise à Paris en passant par Oxford : les pérégrinations académiques d’un historien des sciences ». Les propos ont été recueillis par Emanuel Bertrand (ESPCI Paris-PSL, SPHERE, ancien membre du CAK) et Wolf Feuerhahn (CNRS, CAK), lors d’un entretien réalisé le 5 mars 2024 au Centre Alexandre-Koyré.

Issu d’une famille italienne modeste, Pietro Corsi a d’abord suivi des études d’histoire et de philosophie à l’École normale supérieure de Pise, avant d’effectuer une thèse de doctorat à Oxford sur le savant et théologien anglais Baden Powell (1796-1860). Impliqué dans des réalisations éditoriales et numériques collectives, et dans des institutions très diverses comme le musée d’histoire des sciences de Florence ou la Cité des sciences de La Villette, Corsi a été notamment enseignant à l’Université de Harvard aux États-Unis, professeur à l’Université Paris 1, directeur d’études à l’EHESS, ou encore professeur à l’Université d’Oxford en Angleterre

Au fil de l’échange, Pietro Corsi revient sur les traditions historiographiques qui ont marqué son travail, sur ses recherches consacrées à l’histoire des théories de l’évolution, ainsi que sur les relations entre sciences, idéologies et contextes politiques. L’entretien offre également une réflexion plus large sur l’évolution du champ de l’histoire des sciences, ses circulations internationales, ses débats méthodologiques et ses enjeux contemporains, notamment face aux sciences sociales et aux humanités numériques.

Référence : Emanuel Bertrand, Wolf Feuerhahn et Pietro Corsi, « De Pise à Paris en passant par Oxford : les pérégrinations académiques d’un historien des sciences », Histoire de la recherche contemporaine [En ligne], Articles en pré-publication, mis en ligne le 02 décembre 2025. URL : http://journals.openedition.org/hrc/14174 

Atelier « Sommeil et sciences sociales »

Nous avons le plaisir d’annoncer le lancement de l’atelier « Sommeil et sciences sociales », un espace de discussion transdisciplinaire consacré à l’étude du sommeil comme objet des sciences sociales.

Longtemps resté à l’état de programme théorique dans les sciences sociales (Mauss, Elias, Lefebvre), le sommeil fait depuis le début des années 2000 l’objet d’un renouvellement historiographique et anthropologique, notamment à la suite des travaux de Roger Ekirch, puis de recherches développées en Europe. Cet atelier propose d’interroger et de confronter les approches, méthodes et cadres d’analyse mobilisés pour étudier le sommeil dans différentes disciplines des sciences sociales.

Conçu sous un format atelier, chaque séance sera organisée autour d’une thématique : les participant·es qui le souhaitent pourront présenter brièvement leur approche ou les enjeux propres à leur discipline, avant une discussion collective.
Si l’atelier est centré sur les sciences sociales, les praticien·nes intéressé·es sont également les bienvenu·es.


Informations pratiques

Un lien de connexion visio-conférence peut être envoyé sur demande. Nous écrire à : sommeilorga@framagroupes.org 

Programme prévisionnel

  • Séance 1 : Sommeil et matérialité
    Mercredi 4 février 2026, 16h–18h
  • Séance 2 : L’environnement du sommeil
    Mercredi 15 avril 2026, 16h–18h
  • Séance 3 : Imaginaires et perceptions du sommeil
  • Séance 4 : Sommeil et santé
  • Séance 5 : Le sommeil, frère de la mort ?
  • Séance 6 : Classe, genre, « race » : le sommeil en société
  • Séance 7 : Sommeil, rêve et sciences sociales

Organisation

  • Amélie Barbier (EPHE, LAS)
  • Louise Berginc (Université Paris Nanterre, ArScAn)
  • Julie Panet (EHESS, CAK)
  • Sophie Panziera (EHESS, CAK)

Contact

Pour toute demande d’information complémentaire :
📧 sommeilorga@framagroupes.org

Cette science nécessaire

Pour la deuxième séance de la saison 24 des Débats du Centre Alexandre-Koyré, Martin Robert présentera son ouvrage Cette science nécessaireDissections humaines et formation médicale au Québec (McGill-Queen’s University Press)

Discutante / discutant : 

  • Anne Rassmusse,(EHESS, CAK)
  • Maria Conforti (Sapienza Universida di Roma)
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sépulture durant près de six décennies (c. 1820-1883) au Québec ? Cette science nécessaire fait la lumière sur une histoire originale et méconnue, en nous plongeant dans l’univers macabre des étudiants en médecine du XIXe siècle

On y croise religieuses hospitalières, chiens protégeant les tombes, juges, patients d’institutions psychiatriques, policiers, évêques, ainsi qu’un grand nombre de médecins. Anglophones ou francophones, tous s’animent autour d’une même question : quels morts peut-on disséquer pour apprendre l’anatomie humaine et devenir un médecin compétent ? Écrit dans un style accessible, à partir de sources fascinantes et souvent inédites, Cette science nécessaire montre l’essor de la profession médicale au Québec en expliquant, par exemple, comment une émeute d’étudiants à coups de fémurs transforme la médecine canadienne, comment Trois-Rivières devient une plaque tournante du transport ferroviaire de cadavres, ou encore pourquoi les squelettes fument la pipe sur les images de salles de dissection de l’époque. Le rôle majeur des organisations catholiques et protestantes dans l’enseignement médical au Québec est mis en évidence : Montréal au XIXe siècle devient un environnement médical hybride où coexistent des établissements francophones et anglophones, ayant peu d’équivalents au monde.

Cette science nécessaire est une lecture essentielle, tant pour mieux comprendre l’histoire de la formation médicale au Québec et dans le monde, que pour mettre en contexte les débats actuels sur le respect et la dignité dans les pratiques médicales et funéraires.

Poussière d’oiseaux

📅 Date : Mercredi 4 juin2025 de 10h30 à 12h30
📍 Lieu : Auditorium de l’Humathèque 10 Cr des Humanités, 93300 Aubervilliers

Pour la première séance de la saison 24 des Débats du Centre Alexandre-Koyré, Julien Bondaz (Université Lyon 2, LADEC) a présenté son ouvrage Poussière d’oiseaux. Une autre histoire de la mission Dakar-Djibouti (B42, 2025).

Discutante / discutant : 

  • Anne Both (post-doc CNRS, CAK)

  • Emmanuelle Sibeud (Université Paris 8, IDHES)

L’ouvrage

Poussière d’oiseaux propose une relecture originale et minutieuse de la célèbre mission Dakar-Djibouti (1931–1933), en se concentrant sur les objets collectés, en particulier les plumes et spécimens ornithologiques. À travers cette approche, l’ouvrage explore les pratiques de collecte, les circulations matérielles et symboliques, ainsi que les enjeux politiques, scientifiques et mémoriels liés à cette mission fondatrice de l’ethnologie française.

Science, nature et politique XVIe siècle, le rôle clef des médecins

📅 Date : Mercredi 4 juin2025 de 10h30 à 12h30
📍 Lieu : Campus Condorcet, EHESS, salle Gradinée/Marc Ferro, 2, cours des Humanités, 93322 Aubervilliers

Pour la dernière séance de la saison 23 des Débats du Centre Alexandre-Koyré (CAK)Elisa Andretta (CNRS, LARHRA), a présenté son ouvrage Le monde sous l’oeil des médecins Nature et politique à l’Escorial et au Vatican (xvie siècle) (Classiques Garnier, 2025).

Discutante / discutant : Pascal Dubourg Glatigny (CNRS, CAK) et Sabine du Crest (Univ Bordeaux, CRHA F.G P) 

L’ouvrage

Centré sur l’Escorial et le Vatican, le livre explore le rôle des médecins dans la production et l’ordonnancement des connaissances sur le corps et la nature au sein de deux cours-monde du xvie siècle. Dans ces cadres, grâce à leurs outils techniques et intellectuels, les médecins se révèlent être des acteurs indispensables à la mise en oeuvre de programmes politiques qui placent les savoirs au coeur de l’exercice du pouvoir. Leur implication dans l’aménagement de jardins, de bibliothèques ou de collections, leur production éditoriale, leurs activités médicales ou naturalistes, les amènent à participer pleinement à l’élaboration de pratiques d’interprétation et de gouvernement du monde qui dépassent largement les limites de la cour.

Quand les modèles construisent un monde, la ville américaine et l’UTDM

📅 Date : Mercredi 7 mai 2025 de 10h30 à 12h30
📍 Lieu : Campus Condorcet, EHESS, salle Gradinée/Marc Ferro, 2, cours des Humanités, 93322 Aubervilliers

Pour la troisème séance de la saison 23 des Débats du Centre Alexandre-Koyré (CAK)Konstantinos Chatzis (Univ. Gustave Eiffel, LATTS), discutera de son ouvrage Forecasting Travel in Urban America The Socio-Technical Life of an Engineering Modeling World (MIT Press, 2023).

Discutante / discutant : Marie Thébaud-Sorger (CNRS, CAK) et Nicolas Barreyre (EHESS, CENA/Mondes Américians)

A history of urban travel demand modeling (UTDM) and its enormous influence on American life from the 1920s to the present.

For better and worse, the automobile has been an integral part of the American way of life for decades. Its ascendance would have been far less spectacular, however, had engineers and planners not devised urban travel demand modeling (UTDM). This book tells the story of this irreplaceable engineering tool that has helped cities accommodate continuous rise in traffic from the 1950s on. Beginning with UTDM’s origins as a method to help plan new infrastructure, Konstantinos Chatzis follows its trajectory through new generations of models that helped make optimal use of existing capacity and examines related policy instruments, including the recent use of intelligent transportation systems.

Chatzis investigates these models as evolving entities involving humans and nonhumans that were shaped through a specific production process. In surveying the various generations of UTDM, he delves into various means of production (from tabulating machines to software packages) and travel survey methods (from personal interviews to GPS tracking devices and smartphones) used to obtain critical information. He also looks at the individuals who have collectively built a distinct UTDM social world by displaying specialized knowledge, developing specific skills, and performing various tasks and functions, and by communicating, interacting, and even competing with one another.

La respiration entre objet historique et projet artistique

Début 2024, le Centre Alexandre-Koyré co-organise avec la Chaire Santé-SHS de l’Université Panthéon-Sorbonne et le Centre d’histoire sociale des mondes contemporains deux journées d’études sur le thème de la respiration. Ces journées interdisciplinaires interrogent la place de la respiration dans la construction des savoirs et des transformations sociales, et sur le rôle et les conséquences sociales des dispositifs respiratoires et du renouvellement de l’air.

🔗 Lire l’article complet dans la lettre du CNRS SHS

Du monde académique à l’approche artistique

Suite à ces journées d’étude, Judith Rainhorn, historienne de la santé et Charles-Antoine Wanecq, postdoctorant, collabore avec l’artiste Filomena Borecká pour donner naissance au projet « Respirer – autour de Phrenos  ». Héritière des problématiques posées par la pandémie, l’exposition s’est tenue au Campus Condorcet, à Aubervilliers en novembre 2024, en parallèle du colloque  « Covid : du monde d’avant au monde d’après. L’ordinaire par temps extraordinaires » traitant des conséquences sociales du Covid-19. L’objectif de l’exposition Phrenos est de faire en sorte que les visiteurs écoutent les souffles des autres tout en prenant conscience du leur, dans un dialogue intime entre corps, espace et mémoire collective.

Extrait de l’article

« Phrenos propose de vivre une expérience respiratoire qui nous mène vers notre intériorité (…) Ces récits nous permettent de prendre conscience de notre respiration, un ressenti vital et incessant que nous sommes souvent amenés à oublier par son aspect répétitif et instinctif », explique Filomena Borecká, soulignant le rôle du souffle comme vecteur de bien-être et d’exploration de soi.

Phrenos, sera exposée à la Maison française d’Oxford du 19 mai au 24 juin 2025, rejoindra la Faculté de Médecine de l’Université de Lille à la rentrée 2025.