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🔍 Actualités en perspective 🔍

Alors que les fortes chaleurs remettent au premier plan la question du rafraîchissement de l’air, les travaux de Marie Thébaud-Sorger, historienne des techniques et directrice de recherche au CNRS au Centre Alexandre-Koyré, replacent nos débats contemporains dans une histoire longue de la ventilation, de la respiration et du contrôle des atmosphères.

Si des procédés de ventilation existent dans les architectures depuis l’Antiquité, la période moderne voit apparaître de nouveaux dispositifs destinés à mettre l’air en mouvement et à produire une forme de « rafraîchissement ».

Ces inventions répondent notamment à une inquiétude forte : celle de l’air stagnant, jugé particulièrement nocif dans les espaces clos. Cales de navire, hôpitaux, prisons, salles d’assemblée ou théâtres deviennent autant de lieux où l’on imagine pouvoir assainir l’air par la technique.

Mais cette histoire est aussi sociale et politique. Les dispositifs de ventilation accompagnent les ambitions des voyages transatlantiques et la politique coloniale, servant aussi bien la santé des marins que les conditions du transport des personnes réduites en esclavage.

Saviez-vous que l’un des ventilateurs les plus connus du XVIIIe siècle, conçu par le physiologiste Stephen Hales, avait la forme d’une caisse ?

🎥 À voir — Une histoire sociale et matérielle de l’air au siècle des Lumières

Dans cette conférence de 44 minutes, Marie Thébaud-Sorger examine comment l’air, la ventilation et la respiration ont été compris, expérimentés et techniquement organisés au XVIIIe siècle. L’air y apparaît comme un objet technique et politique, au cœur des débats sur l’hygiène, la santé publique et les conditions de vie. https://luma.org/en/arles/video/une-histoire-sociale-et-mat%C3%A9rielle-de-lair-au-si%C3%A8cle-des-lumi%C3%A8res-avec-marie-th%C3%A9baud-sorger

📖 À lire — “Changing Scale to Master Nature: Promoting Small-scale Inventions in Eighteenth-century France and Britain”

Dans cet article publié dans Technology and Culture en 2020, elle analyse l’ancrage social des inventions techniques en France et en Grande-Bretagne. À travers les dispositifs de ventilation, elle montre comment de petites inventions ont nourri de nouvelles attentes sociales, de nouveaux marchés et une nouvelle manière d’imaginer la capacité humaine à maîtriser les forces de la nature.

Ces dispositifs portent déjà en germe une idée très actuelle : contrôler l’air enclos en recréant artificiellement une atmosphère saine, stable et tempérée. Une utopie technique s’y dessine, où l’on passe de techniques pensées pour s’adapter aux aléas extérieurs à la volonté de s’abstraire des conditions climatiques elles-mêmes. https://muse.jhu.edu/article/777603

Visite de la Chapelle de l’Humanité

Maël Foucault (doctorant CAK, EHESS & Université d’Ottawa) a récemment organisé une visite collective de la Chapelle de l’Humanité grâce à l’accord de David Labreure, responsable de la Maison d’Auguste Comte. Cette ouverture exceptionnelle a permis à un groupe composé de doctorant·es et de chercheur·ses statutaires du CAK de découvrir un monument patrimonial étroitement lié à l’histoire du positivisme, généralement fermé au public.

La chapelle est associée à la pensée d’Auguste Comte, qui, dans la dernière phase de son œuvre, élabore le projet d’une « religion de l’Humanité ». Ce projet ne visait pas seulement à formuler une philosophie des sciences, mais également à instituer un ensemble de pratiques symboliques et d’organisations collectives destinées à donner une forme sociale à une vision du monde fondée sur la centralité des sciences et sur une conception historique du progrès humain.

La Chapelle de l’Humanité constitue aujourd’hui l’un des rares lieux où cette dimension institutionnelle et matérielle du positivisme peut encore être observée. L’organisation de l’espace, la présence d’un autel dédié à l’Humanité, ainsi que les références à un calendrier commémoratif structuré autour de figures intellectuelles et scientifiques témoignent des efforts entrepris pour doter la pensée positiviste d’un dispositif rituel et d’une sociabilité organisée.

L’ambition de Comte consistait à proposer un nouvel ordre moral fondé sur l’autorité des sciences et sur une hiérarchie des savoirs organisée selon leur degré de généralité. Le positivisme a profondément marqué certaines traditions scientifiques et politiques au XIXᵉ siècle, notamment en Europe et en Amérique latine.

Pour l’histoire des sciences, ce lieu offre un terrain d’observation particulièrement intéressant pour analyser les relations entre philosophie des sciences, formes institutionnelles et pratiques sociales du savoir au XIXᵉ siècle. Il permet notamment de réfléchir à la manière dont certaines conceptions des savoir ont pu s’articuler à des formes de ritualisation, à des espaces spécifiques et à des dispositifs matériels.

La Chapelle de l’Humanité constitue un exemple particulièrement éclairant de la manière dont certains projets intellectuels du XIXᵉ siècle ont cherché à organiser non seulement la production des savoirs, mais aussi leurs formes de transmission, de commémoration et de mise en scène collective.

Au-delà de son intérêt scientifique, cette visite a également constitué un moment important de rencontre et d’échange au sein du laboratoire. Réunissant doctorant·es et chercheur·ses statutaires dans un cadre extérieur aux activités académiques habituelles, elle a offert l’occasion de prolonger les discussions dans un contexte plus informel. Cette initiative contribue à renforcer la cohésion du laboratoire en créant des espaces d’échanges et de découvertes autour de lieux et d’objets liés aux recherches menées au Centre Alexandre-Koyré.

Atelier « Sommeil et sciences sociales »

Nous avons le plaisir d’annoncer le lancement de l’atelier « Sommeil et sciences sociales », un espace de discussion transdisciplinaire consacré à l’étude du sommeil comme objet des sciences sociales.

Longtemps resté à l’état de programme théorique dans les sciences sociales (Mauss, Elias, Lefebvre), le sommeil fait depuis le début des années 2000 l’objet d’un renouvellement historiographique et anthropologique, notamment à la suite des travaux de Roger Ekirch, puis de recherches développées en Europe. Cet atelier propose d’interroger et de confronter les approches, méthodes et cadres d’analyse mobilisés pour étudier le sommeil dans différentes disciplines des sciences sociales.

Conçu sous un format atelier, chaque séance sera organisée autour d’une thématique : les participant·es qui le souhaitent pourront présenter brièvement leur approche ou les enjeux propres à leur discipline, avant une discussion collective.
Si l’atelier est centré sur les sciences sociales, les praticien·nes intéressé·es sont également les bienvenu·es.


Informations pratiques

Un lien de connexion visio-conférence peut être envoyé sur demande. Nous écrire à : sommeilorga@framagroupes.org 

Programme prévisionnel

  • Séance 1 : Sommeil et matérialité
    Mercredi 4 février 2026, 16h–18h
  • Séance 2 : L’environnement du sommeil
    Mercredi 15 avril 2026, 16h–18h
  • Séance 3 : Imaginaires et perceptions du sommeil
  • Séance 4 : Sommeil et santé
  • Séance 5 : Le sommeil, frère de la mort ?
  • Séance 6 : Classe, genre, « race » : le sommeil en société
  • Séance 7 : Sommeil, rêve et sciences sociales

Organisation

  • Amélie Barbier (EPHE, LAS)
  • Louise Berginc (Université Paris Nanterre, ArScAn)
  • Julie Panet (EHESS, CAK)
  • Sophie Panziera (EHESS, CAK)

Contact

Pour toute demande d’information complémentaire :
📧 sommeilorga@framagroupes.org

La respiration entre objet historique et projet artistique

Début 2024, le Centre Alexandre-Koyré co-organise avec la Chaire Santé-SHS de l’Université Panthéon-Sorbonne et le Centre d’histoire sociale des mondes contemporains deux journées d’études sur le thème de la respiration. Ces journées interdisciplinaires interrogent la place de la respiration dans la construction des savoirs et des transformations sociales, et sur le rôle et les conséquences sociales des dispositifs respiratoires et du renouvellement de l’air.

🔗 Lire l’article complet dans la lettre du CNRS SHS

Du monde académique à l’approche artistique

Suite à ces journées d’étude, Judith Rainhorn, historienne de la santé et Charles-Antoine Wanecq, postdoctorant, collabore avec l’artiste Filomena Borecká pour donner naissance au projet « Respirer – autour de Phrenos  ». Héritière des problématiques posées par la pandémie, l’exposition s’est tenue au Campus Condorcet, à Aubervilliers en novembre 2024, en parallèle du colloque  « Covid : du monde d’avant au monde d’après. L’ordinaire par temps extraordinaires » traitant des conséquences sociales du Covid-19. L’objectif de l’exposition Phrenos est de faire en sorte que les visiteurs écoutent les souffles des autres tout en prenant conscience du leur, dans un dialogue intime entre corps, espace et mémoire collective.

Extrait de l’article

« Phrenos propose de vivre une expérience respiratoire qui nous mène vers notre intériorité (…) Ces récits nous permettent de prendre conscience de notre respiration, un ressenti vital et incessant que nous sommes souvent amenés à oublier par son aspect répétitif et instinctif », explique Filomena Borecká, soulignant le rôle du souffle comme vecteur de bien-être et d’exploration de soi.

Phrenos, sera exposée à la Maison française d’Oxford du 19 mai au 24 juin 2025, rejoindra la Faculté de Médecine de l’Université de Lille à la rentrée 2025.

Un dictionnaire franco-tahitien du nucléaire en Polynésie

L’historien spécialisé en politique contemporaine Renaud Meltz (CNRS, CAK) s’appuie sur la récente déclassification des archives militaires françaises pour étudier l’histoire encore méconnue des trente années d’essais nucléaires français en Polynésie. Ces travaux aboutissent à la publication d’un dictionnaire historique franco-tahitien mis en ligne en début 2025.

🔗 Lire l’article complet sur CNRS Le Journal

Une histoire de la politique et du nucléaire dans le Pacifique

Renaud Meltz est historien et directeur de recherche au CNRS au Centre Alexandre-Koyré (CNRS/EHESS/MNHN), il travaille sur la politique nucléaire française et ses conséquences, notamment dans le Pacifique. Il est plus généralement spécialiste des dissimulations du gouvernement français au sortir de la Seconde Guerre Mondiale. Auteur de Un Deuxième contact? Histoire et mémoires du Centre d’Expérimentation du Pacifique, l’historien documente les conséquences de l’occupation française et du Centre d’Expérimentation du Pacifique (CEP) sur les population et l’environnement polynésien.

Extrait de l’article du CNRS (…)

« sous prétexte de ne pas alarmer la population, on laisse délibérément des gens – dont des enfants – se faire arroser par le nuage radioactif, au risque de dépasser les seuils prévus, afin d’éviter une remise en cause des essais nucléaires, voire de la présence française en Polynésie », déclare Renaud Meltz pour le journal du CNRS. En 1998, à la signature du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, 193 essais avaient été réalisés sur le territoire polynésien.

L’objectif de cet ouvrage est de constituer un corpus littéraire autour de la question du nucléaire en Polynésie, accessible en ligne, et donc disponible pour une part plus grande de la population, notamment les jeunes. Il se place comme la première publication sur le nucléaire entièrement traduite en tahitien.

Le dictionnaire du CEP

Vidéo – “Mapping a French Department in the northeastern Amazonia” de Victor Campolo

Victor Campolo doctorant au Centre Alexandre-Koyré présente ses recherches et son premier article scientifique Mapping a French Department in the northeastern Amazonia: The 1947 Oyapock mission in a context of Decolonization paru dans la revue Journal of Historical Geography.

 

Victor Campolo prépare une thèse intitulée Soigner les corps et sauver les âmes. Une histoire du contact colonial au prisme des relations de soin : Guyane française (1930-1969), sous la co-direction d’Anne Rasmussen (EHESS-CAK) et Claire Fredj (Université Paris-Nanterre-IDHES).

“La littérature jeunesse s’infiltre au Muséum” avec Laurence Talairach

Pauline Dancin, membre de l’association “L’Art de muser”, du Master Expographie Muséographie de l’Université d’Artois, revient sur la collection Enquêtes au muséum de Laurence Talairach (Univ. Toulouse Jean Jaurès, CAK), publiée aux éditions Plume de carotte.

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Écrire seuls ensemble : narration d’une résidence d’écriture fédératrice

Retour sur la résidence d’écriture qui a réuni dix doctorants du Centre Alexandre-Koyré du 21 au 25 mars 2022 dans l’abbaye Notre-Dame de l’Ouÿe à Dourdan (Essonne).

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Science et littérature avec Laurence Talairach

“Darwin et la littérature : les noces rebelles”

Pour le quatrième épisode de la série “Avoir raison avec… Charles Darwin”, France Culture invite Laurence Talairach (Université Toulouse Jean-Jaurès, CAK) et Nicolas Wanlin (École polytechnique) pour discuter autour de Darwin et de la littérature anglaise et française, saisir les enjeux de la pensée du grand naturaliste et la mettre en résonance avec notre époque.

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Le Cours de l’histoire : “Les complaintes de Vacher, tueur de bergers” avec Marc Renneville

Après une série d’assassinats sadiques entre 1894 et 1897 dans le sud-est de la France, Joseph Vacher est le premier “tueur en série” français. Son procès, qui fascina la société française, donna lieu à des réflexions sur la responsabilité pénale et sur le rôle de la psychiatrie. Objet de nombreux enjeux juridiques et moraux, cette affaire exceptionnelle témoigne également de l’avancée des méthodes de la police scientifique à la fin du XIXe siècle. 

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Deux émissions sur la conquête de l’espace avec Isabelle Sourbès-Verger

Le 12 avril 2021, cela fera 60 ans que le premier homme a été dans l’espace : le soviétique Youri Gagarine. Satellites, lanceurs, sondes, vols habités, alunissage, station spatiale, rovers : comment les Soviétiques ont-ils été pionniers d’une conquête spatiale intense durant la Guerre Froide ?

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Les Débats du CAK saison 14-2 – Comment disséquer un éventreur ?

Débat avec Marc Renneville (CNRS, CAK / CLAMOR) autour de son ouvrage Vacher l’éventreur. Archives d’un tueur en série (Grenoble, Éditions Jérôme Millon, 2020).

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La parole à la science #PodcastCNRS : « Depuis quand porte-t-on des masques de protection ? » avec Marie Thébaud-Sorger

Des masques en forme de bec d’oiseau des médecins de peste du XVIIe siècle à ceux que nous portons contre le Covid-19, les dispositifs de protection faciale ont une longue histoire. Celle-ci est directement liée aux conditions sociales, aux progrès techniques et aux connaissances scientifiques sur l’air et la respiration, comme le raconte l’historienne Marie Thébaud-Sorger (CNRS, CAK) dans ce #PodcastCNRS – La parole à la science.

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Les Débats du CAK saison 14-1 – Tchernobyl : une amnésie collective est-elle possible ?

Débat avec Tatiana Kasperski (Université Pompeu Fabra, Barcelone) autour de son ouvrage Les politiques de la radioactivité. Tchernobyl et la mémoire nationale en Biélorussie contemporaine (Paris, Éditions Pétra, 2020).

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The Conversation : « Soignera-t-on un jour grâce au LSD et aux champignons hallucinogènes ? » par Vincent Verroust

Doctorant au CAK et chercheur associé à l’Institut des humanités en médecine de Lausanne, Vincent Verroust revient dans cet article, co-écrit avec Bertrand Lebeau Leibovici (médecin addictologue), sur les effets thérapeutiques des substances psychédéliques au moment où l’on observe un certain regain d’intérêt pour leur potentiel médical.

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